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DEVENIR DES PASSEURS DE MEMOIRE

Ce vendredi 27 novembre, les élèves de 3èmes ont reçu un témoignage très fort. Ginette Kolinka, 92 ans, rescapée du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, leur a accordé un moment d'échange très riche.


Devenir des passeurs de Mémoire


Ce vendredi 27 novembre,  les élèves de 3èmes ont reçu un témoignage très fort. Ginette Kolinka, 92 ans, rescapée du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, leur a accordé un moment d'échange très riche.

Ce témoignage s'inscrit dans le cadre du cours d'Histoire et de Français sur la seconde guerre mondiale. Il a aussi permis aux élèves participant au Concours National de la Résistance et de la Déportation de poser des questions plus précises pour préparer leur projet.
Ginette Kolinka vit à Paris et elle parcourt la France, depuis quelques années, à la rencontre des jeunes dans l'idée transmettre un message pour stimuler la mémoire.
Quoi de me mieux pour cela que de s'adresser à des jeunes ? Ceux-ci sont une des dernières générations à pouvoir recevoir ce témoignage direct de la part de survivants de la barbarie nazie. Elle souhaite que les élèves deviennent des passeurs de mémoire.
Ginette Kolinka raconte, sans détour, une histoire terrible et passionnante ; son histoire, celle de sa famille pendant la seconde guerre mondiale. Elle cherche à faire réfléchir, incite les jeunes à se poser des questions. La crainte que cela recommence reste présente chez elle, elle met en garde contre les dérives racistes actuelles.
Ginette Kolinka commence son récit par des images, des photos de jeunes enfants : son petit-frère et son neveu ! Ceux-ci ne sont jamais rentrés des camps !
Son histoire débute en 1942, les mesures anti-juives sont mises en place par l'occupant nazi.
Dénoncée comme communiste, sa famille quitte Paris pour la « zone libre » à Aix-les-Bains, puis pour Avignon, où une nouvelle vie démarre avec un autre nom, un nouveau travail.
En 1943, la France est totalement occupée.
Après une nouvelle dénonciation, elle est arrêtée en mars 1944, avec son père, son petit-frère et son neveu. Les Juifs et résistants raflés sont envoyés à Marseille, à la prison des Baumettes, avant d'être transférés à Drancy. Dernière étape avant le départ pour Pitchipoï.
Les conditions de transport vers ce lieu inconnu sont abominables, pendant trois jours et trois nuits, c'est dans des wagons à bestiaux insalubres, que les Juifs de France sont entassés.
Ginette pense aller travailler dans des champs ou à l'usine, l'arrivée à la Gare d'Auschwitz-Birkenau lui laisse pendant quelques instants ces illusions mais la réalité la rattrape très vite.
Tout de suite séparée des « hommes » de sa famille, elle ne les reverra plus. Les humiliations, les brimades, la violence de l'installation dans le camp de concentration sont terribles. La vie n'est que peur, brutalité et mort ! Les fours crématoires fonctionnement à plein régime...
« Mais comment ont-ils pu ? »
Pendant neuf mois, Ginette Kolinka, survit à l'horreur : « je me demande encore ce qui nous faisait tenir ». Elle travaille à « l'amélioration du camp », son komando creuse des fosses, pose des rails... les déportés sont torturés par les coups et le froid. Elle est affaiblie et tombe malade, son moral est au plus bas.
Par un concours de circonstances, en novembre 1944, elle est transférée dans le camp de Bergen-Belsen. Les conditions sont très difficiles mais une solidarité s'installe. Elle est achetée par un industriel pour travailler à l'usine d'aviation de février à avril 1945.
La défaite allemande s'annonce, les alliés sont tout proches, elle est à nouveau transférée pour Theresienstadt, le trajet est terrible, beaucoup y laisse leur dernière force. Le camp tout juste libéré, elle y est soignée, elle a contracté le typhus.
Quelques jours plus tard, elle part pour Lyon où elle reste quelque temps à l'hôpital. Elle est reconnue, on lui demande si elle est « une fille Cherkasky » (son nom de jeune fille), on lui annonce que sa mère et ses sœurs sont à Paris. Elle est assommée par la nouvelle, son souvenir est flou.
Elle part pour Paris, où elle est interrogée (à l'hôtel Lutetia) avant de rentrer chez elle en autobus ; ses sœurs étaient venues la chercher mais elles ne l'ont pas trouvée.
A son arrivée, sa mère l'enlace, la soigne, la remet sur pied... La vie reprend lentement sa place...

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A.S.F

Articles de presse de février 2014

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